L’histoire de Karmia, déportée à 16 ans, racontée aux élèves de 3E.

M. Barbé est intervenu pendant 1h30 devant les 3E. Il a écrit un livre, en attente d’éditeur, pour raconter l’histoire de sa mère.

Lundi 29 mars 2021, la classe de 3E et quelques élèves de 3C se sont réunis dans l’amphithéâtre pour écouter M. André Barbé raconter l’histoire de sa mère, Karmia. Cette histoire, qui traverse les années sombres du XXe siècle en URSS et en Allemagne, a permis aux élèves de se replonger dans leur programme d’histoire.

Karmia est née en Ukraine en 1926, elle était donc de nationalité soviétique. Son père, Vassili, était un cadre du parti communiste en Ukraine, et responsable dans les années 1930 du développement de l’industrie lourde (barrages, industries) dans ce pays.

En 1937, la vie de la famille de Karmia bascule. Vassili est arrêté une nuit par 11 agents du NKVD, et emmené. Personne ne l’a jamais revu. Ce n’est qu’au début des années 2000 que M. Barbé a su que Vassili, son grand-père, avait été fusillé, victime des purges que Staline a infligé à l’URSS pendant la Grande Terreur soviétique. La mère de Karmia, Nina, a elle-même été victime de ces purges, puisqu’elle a passé 8 ans au Goulag. Les accusations portées contre eux étaient totalement fausses… Pendant ce temps, Karmia et son frère sont sauvés par une de leur tante, Pacha.

Arrivent la Seconde Guerre mondiale et les Allemands… En 1942, peu de jours avant ses 16 ans, Karmia est emmenée en train de marchandises, direction la Pologne. Elle n’est pas juive, mais doit servir de main d’œuvre esclave au IIIe Reich. Elle transite par Auschwitz et est témoin des atrocités commises par les nazis sur les Juifs dans ce camp. Quelques semaines après son arrivée, elle est vendue, dans un « lot » de jeunes filles, à un Allemand qui a besoin de main d’œuvre pour son usine, à Dresde. C’est là que, pendant 3 ans, Karmia va fabriquer des mines. Elle y connait des moments difficiles, mais y expérimente aussi le soutien et la solidarité de ses camarades de détention et d’une femme allemande chargée de les surveiller. Et surtout, elle y rencontre l’amour. Des prisonniers de guerre français sont aussi détenus dans ce camp. Karmia tombe amoureuse de l’un d’eux, Francis Barbé. En 1945, alors que Dresde brûle dans les flammes des bombardements, Francis et Karmia survivent et parviennent à rentrer en France, où ils se marient. André Barbé nait en 1953.

Cette histoire émouvante a captivé les élèves, et ils s’en souviendront longtemps. Merci, M. Barbé, pour votre visite et votre témoignage !

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/temoignage-ses-parents-sont-tombes-amoureux-en-allemagne-en-pleine-guerre-89e235ac-9066-11eb-b897-94949e987855